Synthèse des entretiens Territoria de Pau.

25 Juillet 2015, 21:12pm

Publié par Anne-Marie Escoffier

Synthèse des entretiens Territoria de Pau.

Les échanges constructifs que Territoria et la chaire OPTIMA ont su élaborer, ont permis l’organisation le 21 mai dernier à Pau d’un séminaire conjoint - 2ème séminaire de la chaire OPTIMA et 2èmes entretiens de Territoria - occasion privilégiée de croiser les regards entre différents acteurs, universitaires et collectivités territoriales, sur le thème de l’innovation face à la nécessité de faire mieux avec moins. Le programme de la journée, arrêté en commun, comprenait quatre tables rondes consacrées aux innovations:


- politique et stratégique (SDIS des Yvelines et Conseil départemental de Seine-et-Marne);
- organisationnelle et décisionnelle (Ville de Pau, finances et Ville de Cannes, low-cost)
- comportementale et humaine (en visioconférences réussies, villes d’Alès et d’Orléans)
- numériques (Conseil départemental du Loiret et ville d’Issy-les-Moulineaux).

Un micro-trottoir, très instructif, ouvrait cette journée : à la question posée « qu’est-ce pour vous une collectivité innovante? », les passants interrogés ne savaient trop que répondre et leurs mimiques en disaient long sur leur interrogation tant sur la notion de « collectivités » que sur celle « d’innovation ».
On relèvera rapidement ici les principaux témoignages apportés par les responsables des collectivités représentées et les modérateurs présents, en distinguant les points positifs convergents des difficultés rencontrées.

Les points positifs :
- des équipes motivées,
- un dialogue constructif à l’occasion de l’élaboration d’un vrai projet d’établissement,
- un renversement des cultures et des méthodes, faisant appel à une vraie transversalité,
- une confiance restaurée et une implication forte de toute la chaîne hiérarchique,
Il faut néanmoins reconnaître qu’il n’y a pas de recette unique et que chaque situation réclame une adaptation propre.

Les difficultés :
- une perte de références,
- une critique de la gestion antérieure pouvant provoquer une crise interne et nécessitant beaucoup d’humilité de la part de tous,
- la nécessité de passer de l’excellence à la performance,
- un sentiment de « non reconnaissance » au travail.

Propos d’étape :

En guise de conclusion, chacun s’est accordé à reconnaître l’intérêt d’une telle rencontre faisant intervenir des acteurs locaux pragmatiques et concrets et des universitaires plus habitués à la théorie.
A la première question « Pourquoi innover? », on pourra retenir les propos de Jean Monnet : « Il n’y a changement que dans la nécessité et on ne voit la nécessité que dans la crise ». Or la crise, aujourd’hui, est crise sociétale, crise financière et crise de légitimité des élus locaux (cf. les drames récents, suicide du maire de Tours et de celui de Marvejols).
A la seconde question « Comment innover ? », plusieurs voies de solution:
* retrouver les clés de la liberté d’entreprendre,
* passer de la gestion du quotidien à un pilotage des politiques publiques,
* « endogénéiser » la culture de l’innovation pour qu’elle devienne partie intégrante de l’action publique.

L’innovation ne doit pas avoir peur des changements de comportement, mais il est impératif de refuser l’innovation pour l’innovation.

Anne-Marie Escoffier, ancien ministre