Aménagement de la dalle Lichtenberger-Renoir : avec la Ville de Paris pour moteur et médiateur.

16 Décembre 2015, 19:02pm

Publié par Territoria Le blog

"Le projet qui a été retenu, voté par les habitants, est celui de la création d'un square, un square marin, Porte de Vanves, qui va être réalisé avec un travail de... récupération de pneus". (Illustration : Oïkos)

"Le projet qui a été retenu, voté par les habitants, est celui de la création d'un square, un square marin, Porte de Vanves, qui va être réalisé avec un travail de... récupération de pneus". (Illustration : Oïkos)

Aménagement de la dalle Lichtenberger-Renoir : avec la Ville de Paris pour moteur et médiateur.
La dalle Lichtenberger-Renoir est emblématique de l'urbanisme "sur dalle" des années Soixante. Elle est située Porte de Vanves dans le 14e arrondissement de Paris.
L'image de la Ville, la qualité de vie des habitants appelaient un aménagement de cet espace urbain. Mais comment mobiliser les multiples propriétaires... dont la Ville ne fait pas partie ?

Dans ce projet, la Ville donc a servi de premier médiateur et de facilitateur. Avec l'équipe de développement, elle a proposé aux parties prenantes de se mettre autour de la table pour envisager une perspective d'aménagement qui puisse donner satisfaction à tous et chacun.

Une telle démarche, c'est d'abord de la volonté, de l'écoute, beaucoup de patience aussi.

L'originalité de ce projet, c'est son mode de gouvernance, partagée avec l'ensemble des acteurs de la dalle, syndics, bailleurs, habitants, associations, chaque décision étant prise à la majorité dans le cadre de ce collectif. Nous avons avancé de vote en vote, pour définir d'abord la méthode de travail, le projet proprement dit et, ce qui n'est pas le moindre sujet, le co-financement.

Les parties prenantes ne se parlaient pas du tout.

Il y a eu beaucoup de débats, d'échanges, l'expression de points de vue parfois divergents mais qui ont fini par se rejoindre. Nous avons beaucoup travaillé avec les habitants eux-mêmes pendant deux ans : démarches exploratoires, ateliers d'architecture, fêtes de quartiers, sur un espace qui, à la base, n'était pas vraiment partagé puisque les parties prenantes ne se parlaient pas du tout.

Il y a eu une sorte de réconciliation. Et, aujourd'hui, le projet qui a été retenu, voté par les habitants, est celui de la création d'un square, un square marin, Porte de Vanves, qui va être réalisé avec un travail de... récupération de pneus.

Il y aura un monstre marin, une piste de skate et de trottinette, un bateau, etc. Tout cela a été rendu possible grâce aussi au talent du cabinet d'architecte Oïkos qui a su se nourrir des informations venues des habitants, des élus et de l'ensemble des parties prenantes pour le convertir en une programmation urbaine originale et intéressante. Les travaux débuteront en janvier 2016.

Il faut souligner le calendrier court de cette démarche, en terme de volonté, de dialogue, de décision et de réalisation. La première phase se terminera au printemps 2016.

Il est intéressant de noter que ce projet a été soumis au vote des habitants dans le cadre du budget participatif que la maire de Paris a souhaité mettre en place. C'est pourquoi la Ville, tout en étant pas chez elle, mais en s'appuyant sur le vote des habitants, a pu participer en premier au financement des travaux nécessaires à l'aménagement retenu.

A la fois audacieux et consensuel.

Il y a une part de risque dans un tel projet, en cheminant avec la réflexion des habitants, en n'étant pas sur une propriété de la Ville. D'où l'importance d'une grande confiance entre les élus et des fonctionnaires qui ont conduit le projet sur le terrain.

C'est transposable ailleurs puisqu'en effet tout les maires urbains ou presque peuvent être confrontés à des "dalles" comme celle-ci qui ont été construites à une époque où l'urbanisme était pensé comme ça et qui, à tout le moins, aujourd'hui, un demi-siècle après, doivent être repensées pour leur donner une vraie vie. Les élus et les équipes de fonctionnaires, les cadres, ne doivent pas baisser les bras au prétexte qu'ils ne sont pas là "chez eux". Au contraire, ils ont un rôle à jouer, de médiateur, pour réunir les acteurs privés, pour engager le dialogue, la concertation et finalement emporter l'adhésion autour d'un projet qui peut être tout à la fois audacieux et consensuel.

Ce prix Territoria qui nous est attribué aujourd'hui est donc un message d'espoir très positif pour les équipes qui souhaiteraient à leur tour, et nous les y encourageons, à se lancer dans une telle aventure, pour un aménagement urbain plus convivial, pour le mieux vivre ensemble de leurs habitants.

Carine Petit, maire du 14e arrondissement de Paris.

Romain R'bobo, chef de projet.

> En savoir plus sur le projet d'aménagement de la dalle Lichtenberger.

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