Le département du Cantal expérimente la Télémédecine pour faciliter l'accès aux soins.

27 Janvier 2016, 17:16pm

Publié par Territoria Le blog

Le dispositif expérimenté par deux EHPAD, deux foyers d'accueil médicalisés et une clinique du Cantal a commencé à faire ses preuves. Photo : Conseil départemental du Cantal.

Le dispositif expérimenté par deux EHPAD, deux foyers d'accueil médicalisés et une clinique du Cantal a commencé à faire ses preuves. Photo : Conseil départemental du Cantal.

Le département du Cantal expérimente la Télémédecine pour faciliter l'accès aux soins.
Quand une EHPAD est située à plus d'une heure du centre hospitalier, la consultation d'un spécialiste devient problématique. La télémédecine apporte une solution appelée à se développer : l'expérience du département du Cantal est de ce point de vue emblématique.
Prix Territoria d'or 2015, dans la catégorie "Usage des TIC", le projet lancée début 2014 a fait ses preuves. Un premier bilan positif qui permet aujourd'hui d'étendre le dispositif.
Au-delà de ses aspects financiers et technologiques, l'expérience est aussi exemplaire pour son organisation qui implique le personnel soignant tout en le déchargeant des contraintes administratives et techniques.

Le Département du Cantal a toujours misé sur l'essor des nouvelles technologies, dans tous les services, de l'éducation au télétravail en passant par l'accès aux services publics. C'est pourquoi, la télémédecine s'est imposée comme une application toute naturelle en terme d'usage du numérique.

Le projet est conduit avec cinq structures pilotes, deux EHPAD, deux foyers d'accueil médicalisé, une clinique, qui ont la particularité d'être situées entre une demi-heure et une heure et demi du Centre hospitalier d'Aurillac. L'objectif est triple : améliorer l'accès aux soins, éviter le déplacement des patients, particulièrement des personnes âgées, lutter contre le phénomène de désertification médicale.

Un budget de 370 000€ sur deux ans

L'expérience a débuté avec la dermatologie, à la fois pour répondre au besoin le plus largement exprimé par les structures pilotes et parce qu'un spécialiste, porteur médical du projet, a accepté de jouer le jeu en s'y impliquant fortement.

Le projet s'étend progressivement auprès de nouvelles structures et dans de nouvelles spécialités : la cardiologie, la rééducation fonctionnelle, les troubles du sommeil, l'ergothérapie, la neuropsychologie, l'orthophonie, la neurologie, avec, à chaque fois, l'identification d'un "porteur médical" qui conditionne l'adhésion des professionnels de santé.

Le projet a été initié en juin 2012 par le Conseil départemental du Cantal en lien avec l'Agence régionale de santé d'Auvergne. Il a fallu un an et demi pour lancer l'opération début 2014, notamment pour en assurer le financement : 50% de fonds européen, 8% du Conseil régional et 42 % du Département. Soit un budget de 370 000 € sur deux ans comprenant un poste de chef de projet à temps plein et l'acquisition du matériel : cinq chariots de téléconsultation, une solution logicielle spécialisée, une connexion à la plateforme régionale "Espace de télémédecine Auvergne" et le câblage des cinq établissements.

Une véritable évaluation du projet

L'innovation tient aussi à son organisation, avec un chef de projet dédié dont les fonctions d'accompagnement sont multiples : support de chaque "porteur médical", il anime des groupes de travail pour faire émerger les besoins des établissements, élaborer les projets médicaux et les protocoles. Il assure également la mise en place des matériels et la formation du personnel soignant.

Cet accompagnement a fait ses preuves : il facilite la conduite du changement auprès des personnels soignants des établissements, mais aussi la capitalisation des expériences d'une filière de soins à l'autre, l'amélioration des outils et des protocoles en centralisant les remontées des équipes soignantes. Enfin, en favorisant les échanges entre toutes les parties prenantes, il permet une véritable évaluation du projet.

S'il faut retenir deux idées essentielles de cette expérience en vue d'éventuelles duplications : d'abord la nécessité d'un portage médical fort pour chacune des spécialités bénéficiant du dispositif, ensuite le soutien d'un coordonateur qui permet à tous les acteurs de se concentrer chacun sur son domaine de compétence en s'affranchissant des contraintes administratives et techniques et, par là, d'adhérer beaucoup plus facilement au projet.

Anh-Thu Thai-Duc, chef de projet (synthèse de son intervention au colloque TIC Santé, février 2015)

> Reportage de France 3 sur Cyber Cantal Télémédecine

> L'expérimentation de Cyber Cantal Télémédecine dans la magazine du Conseil départemental

> Intervention de Anh-Thu Thai-Duc, chef de projet, lors du colloque TIC Santé, février 2015