L'actualité territoriale innovante de la semaine 18.

1 Mai 2016, 19:07pm

Publié par Territoria Le blog

L'idée nous vient du Canada : la "Marche exploratoire des femmes", initiée dans les années 1990 à Toronto et Montréal, est aujourd'hui expérimentée par une douzaine de villes françaises en vue de nouvelles dynamiques participatives susceptibles d'améliorer le cadre de vie urbain. (Photo : CGET)

L'idée nous vient du Canada : la "Marche exploratoire des femmes", initiée dans les années 1990 à Toronto et Montréal, est aujourd'hui expérimentée par une douzaine de villes françaises en vue de nouvelles dynamiques participatives susceptibles d'améliorer le cadre de vie urbain. (Photo : CGET)

Rétives à l'innovation nos collectivités ? Allons donc ! Voici une nouvelle sélection de grandes et petites initiatives locales appelées à faire bouger les lignes. Dans tous les domaines, élus, fonctionnaires et citoyens n'hésitent pas ici et là à sortir des sentiers battus. Cadre de vie, éducation, éclairage public, santé, insertion, énergie, valorisation des déchets... Puissent ces réalisations et projets exemplaires faire école ! A l'image des "marches exploratoires des femmes", notre coup de coeur de la semaine.
La femme est l'avenir... des villes !

Dans les années 1990, les pionnières canadiennes des "marches exploratoires des femmes" focalisaient leur regard et leurs propositions sur les questions de "sécurité de l'espace public". Depuis, en élargissant son objet à "l'amélioration du cadre de vie", cette méthode originale s'offre comme "un outil de mobilisation qui permet d'accroître le rôle des femmes dans la vie publique locale". Particulièrement en direction "des femmes éloignées des formes traditionnelles de participation" en leur donnant "la possibilité de s'investir, de s'exprimer, d'interpeller les décideurs locaux, en tant que femmes, dans une perspective citoyenne". C'est dans cet esprit que le réseau France Médiation coordonne actuellement une expérimentation de marches exploratoires dans douze villes françaises, avec le soutien du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET). Loin du gadget, cette mise à profit de "l'expertise d'usage urbain" des femmes ne se limite pas à des "diagnostics en marchant" : une véritable méthodologie a été mise au point, en amont et en aval des marches, pour aboutir à des propositions concrètes formulées aux élus, des engagements d'actions de la ville et la constitution d'un comité de suivi où les habitantes ont, par définition, toute leur place. Pour approfondir le sujet : lire l'interview de Marie-Dominique de Suremain, urbaniste, et Dominique Poggi, sociologue, sur 50-50 magazine.fr, lire également le document du CGET : "Quand des femmes changent leur ville en marchant" et télécharger le "Guide méthodologique des marches exploratoires".

Lutte contre le gaspillage alimentaire : l'appel à projets associatifs de la ville de Paris

Si les moyennes et grandes surfaces sont réglementairement invitées à conclure une convention avec des associations caritatives pour la récupération de leurs invendus alimentaires, et si de nombreux professionnels des métiers de bouche peuvent être volontaires pour faire de même, encore faut-il que les associations soient suffisamment structurées pour accomplir cette mission dans de bonnes conditions. C'est le sens de l'appel à projets lancé par la Ville de Paris : "Permettre à des associations de s'équiper pour améliorer la ramasse et la redistribution des invendus alimentaires dans l'objectif de venir en aide aux personnes en situation de précarité". Outre l'achat de véhicules, les projets peuvent porter sur acquisition d'équipements ou l'aménagement de locaux propres à améliorer la conservation et le stockage des denrées. Naturellement, le projet global des associations candidates sera pris en compte : fonctionnement, budget, organisation du réseau de pourvoyeurs d'invendus alimentaires, modalités de redistribution, etc. Les dossiers de candidatures sont attendus jusqu'au 27 mai 2016. Lire un article de France urbaine sur les actions de Paris contre le gaspillage alimentaire et accéder au règlement de l'appel à projets

Val d'Oise : étudiants, collégiens et équipes éducatives appelés à imaginer les "Collèges de demain"

La quatrième édition du colloque "Futurs composés", organisé par le conseil départemental du Val d'Oise le 8 juin prochain, aura pour thème "Les collèges de demain". A cette occasion, les étudiants des écoles de design, de sciences humaines, d'ingénieurs et de commerce du département, mais aussi naturellement les élèves et les équipes éducatives des collèges, sont invités à rivaliser de créativité et d'audace pour "imaginer les évolutions des usages, des espaces de vie et d'apprentissage" dans un concours visant à identifier les réponses innovantes aux besoins de demain. Créativité mais aussi pragmatisme puisqu'il agit bien d'un appel à projets "dans une perspective de mise en oeuvre opérationnelle". Accéder au règlement du concours

Un financement citoyen pour la rénovation de votre éclairage public

Voilà un appel à manifestations d'intérêt (AMI) doublement ambitieux : à la fois par son objectif (contribuer à la transition énergétique par un renouvellement vertueux de l'éclairage public) et par les moyens envisagés (le financement citoyen via une plateforme de "crowdlending" spécialisée, en l'occurrence Lendosphère.com). L'opération bénéficie du soutien technique de l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie (ADEME), gage de son sérieux. Des éventuels besoins de cofinancement pourront en outre être pourvus par l'assureur Allianz. L'appel s'adresse aux collectivités territoriales ainsi qu'aux syndicats d'énergie et régies bénéficiant d'un transfert de la compétence éclairage public d'une ou plusieurs communes. Les projets éligibles devront conduire au minimum à des réductions par 3 des consommations du parc d'éclairage public rénové. En savoir plus, télécharger le dossier de présentation de l'appel à manifestions d'intérêt et, sur le même thème, voir l'initiative de Bry-sur-Marne, première ville d'Ile-de-France à opter pour un éclairage public 100% LED

Quinzième édition des Talents des cités

Créer et pérenniser des activités et des emplois dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville : depuis 2002, le concours Talents des cités distingue et accompagne chaque année une cinquantaine de créateurs d'entreprises (37 lauréats régionaux et 12 lauréats nationaux en 2015), à l'initiative conjointe du ministère de la Ville et du Sénat, en partenariat notamment avec la Caisse des dépôts. Les collectivités et les réseaux locaux d'accompagnement à la création d'entreprise ont un rôle essentiel à jouer dans cette opération, pour le repérage et l'orientation des candidats potentiels : "tous ceux et celles qui, quel que soit leur âge, se lancent dans l'aventure entrepreneuriale dans les quartiers sensibles". Les candidatures sont reçues jusqu'au 31mai 2016. Information et inscription en ligne sur le site Talents des cités

Les trophées 2016 de la e-santé

Dixième du nom, l'Université d'été de la e-santé aura lieu du 5 au 7 juillet prochains à Castres. Le thème en dit long sur la volonté des organisateurs de dissiper certaines réticences des patients voire des professionnels : "Santé connectée : vers un humanisme numérique ?". L'événement est gratuit et ouvert tous. Les trophées 2016 de la e-santé seront remis à cette occasion : l'appel à projets (date limite des candidatures le 22 mai) s'adresse aux start-up et entreprises du secteur des technologies et de la santé, établissements de santé, associations de patients et d'aidants, acteurs de la protection sociale, chercheurs, étudiants... Les trophées de la e-anté ont pour ambition de soutenir l'innovation, le développement de solutions et d'applications dans le domaine des TIC pour la santé. Huit catégories sont proposées parmi lesquelles la télémédecine, les objets connectés, l'autonomie et le maintien à domicile, la coordination des soins, etc. Visionner la vidéo de présentation des trophées 2016 de la e-santé, accéder au programme de l'université d'été et au dossier de candidature des trophées

Les services publics doivent-ils être accessibles sur mobile ?

Incontournable revue du monde territorial, La Gazette des communes complète cette semaine son Baromètre de l'opinion des fonctionnaires territoriaux avec cette question : "Les services publics doivent-ils être accessibles sur mobile ?". La réponse ne surprendra personne. Pas de combat d'arrière-garde en effet dans le panel représentatif interrogé où le "oui" l'emporte à près de 75%, particulièrement dans les grandes collectivités (83%) alors qu'une certaine prudence est encore perceptible dans les communes de moins de 5000 habitants (59%). Il est vrai que la question est presque incongrue dans les secteurs le haut débit fait défaut ! Lire les résultats de l'enquête de La Gazette des communes. A titre d'exemples, voir l'application "MobiliSé, le réflexe numérique citoyen" développée par la Ville de Saint-Etienne et visionner les courtes vidéos de présentation des services publics numériques proposés par les villes d'Evry (1mn11) et d'Alfortville (2 mn14)

Une "chaudière numérique" pour la piscine de la Butte-aux-Cailles

Il faut se faire une raison : malgré le joli nom de "cloud", nos données informatiques ne sont pas expédiées impunément "dans les nuages" mais dans des datacenters doublement énergivores. Car, fonctionnant en continu, ces équipements doivent aussi être refroidis en permanence. Et si on imaginait pour les datacenters des dispositifs comparables à ce qui existe pour la valorisation de la "chaleur fatale industrielle" ? Plusieurs expérimentations ont été lancées en ce sens, notamment à Bailly-Romainvilliers (77) où la "boucle d'eau chaude" issue du datacenter fournit 90% des besoins en chaleur d'un centre nautique et d'un parc d'entreprises situés à proximité. Dans le même esprit, la piscine parisienne de la Butte-aux-Cailles va être équipée de "chaudières numériques" valorisant les calories d'un "datacenter vertueux" implanté sur place. Le dispositif devrait être opérationnel cet automne, avec l'objectif d'une économie de 45T équivalent CO2 par an. Pour mémoire, la France compte près de 150 datacenters dont un tiers pour la seule Ile-de-France. Ils sont encore loin d'être tous écoresponsables. En savoir plus sur le projet de la Butte-aux-Cailles

A Courbevoie, un coup de pouce ludique pour le tri

Bien sûr, le tri sélectif est d'abord un geste citoyen. Mais s'il est entré dans les moeurs à la maison, un coup de pouce n'est pas inutile au travail et dans certains lieux publics où, si les distributeurs de boissons sont légion, la collecte sélective des canettes et des gobelets vides mérite un dispositif approprié. La Ville de Courbevoie y a ajouté une incitation ludique. Les quatre automates dont elle vient de se doter ne se contentent pas "d'avaler, reconnaitre, trier et compacter" les déchets qui lui sont proposés : ils se font également "loterie" pour délivrer aux plus chanceux des entrées gratuites ou des bons de réduction pour le cinéma, la piscine et les salles de spectacle de la ville. Et ça marche ! En savoir plus

L'AMIF et les "maires novateurs"

Nous nous sommes faits à plusieurs reprises ici l'écho des initiatives mises en exergue en février dernier par l'Association des maires d'ile-de-francs (AMIF) dans le cadre de son opération "Un jour, une commune, une innovation". Le succès de la démarche a été tel que l'AMIF vient de décider de la prolonger en proposant le programme "Maires novateurs" à ses adhérents appelés à partager ainsi leurs meilleures pratiques. Ce sont les Internautes qui, tous les deux mois, distingueront les projets les plus exemplaires. En savoir plus

Nouvelle vague d'appel à projets pour "La France s'engage"

La sixième session de "La France s'engage" récompensera à nouveau 15 projets citoyens en décembre prochain. Depuis le lancement de l'opération portée par Patrick Kanner, 62 initiatives ont déjà été distinguées pour leur utilité sociale, leur caractère innovant et leur potentiel de duplication ou de changement d'échelle. Parmi ces lauréats, "La cravate solidaire" ou le centre de formation "Cuisine Mode d'emploi(s)" initié par la fondation Thierry Marx ("Agir contre l'exclusion") sont de bons exemples de ces projets "simples et cohérents" animés par des associations, des fondations, des entrepreneurs sociaux, etc. Les candidatures sont reçues jusqu'au 15 juillet 2016. Accéder au formulaire d'inscription

Une signalisation spéciale pour les "smombies" !

Et, pour conclure sur un sourire, merci à Anne Lavaud, déléguée générale de la Sécurité routière, dont un récent Tweet attire notre attention sur une surprenante innovation. La ville d'Ausbourg en Allemagne vient ainsi de mettre en place une signalisation inédite : des feux clignotants au sol, intégrés dans la chaussée, pour avertir les "smombies" de l'arrivée imminente du tramway. Les "smombies" ? Contraction de "smartphone" et "zombie", le néologisme parle de lui même : la décision de la Ville fait suite à plusieurs accidents graves dont ont été victimes des piétons traversant les voies sous le nez du tramway, trop absorbés par la consultation de leurs e-mails pour avoir conscience du danger. Désolant ? Sans doute. Mais soyons honnêtes : qui d'entre nous ne s'est pas surpris au moins une fois à errer tel un "smombie" ? En savoir plus

L'actualité territoriale innovante de la semaine 18.